Définition QI - Quotient intellectuel

Sommaire

1 Construction des tests

2 Historique simplifié

3 Quelques résultats et quelques erreurs communes
       3.1 Hérédité
       3.2 « Retour à la moyenne »
       3.3 « Courbe en cloche »

4 Mises en cause du QI

Que mesure-t-il ? Qu'est-ce que l'intelligence ?

    Qu'est-ce que l'intelligence ?

« Je nomme intelligence ce que mesurent mes tests », aurait, dit-on, répondu (ironiquement ?) Alfred Binet. Il n'y a pas actuellement consensus autour de la définition même d'intelligence, même du côté des extrêmes : on discute par exemple de l'intelligence des animaux. Si quelques individus semblent supérieurement intelligents, géniaux, on est sûr que la société ne repère pas tous les individus de ce type, qui ne sont donc pas si évidents à distinguer. Si on veut décrire mathématiquement des degrés d'intelligence, il semble donc qu'on doive se contenter au mieux, d'un pré-ordre, et non d'une relation d'ordre total. Même sans définition satisfaisante, îl est admis que les tests de QI ne donnent une image (floue) que d'une partie de ce qu'on entend communément par « intelligence », partie qui serait plutôt une adaptation à certains codes de raisonnements logiques prédéfinis. Des aptitudes plus difficiles à appréhender que la résolution rapide d'un problème logique donné, parfois déterminantes - comme l'opiniâtreté - dans la vie réelle, ne sont pas prises en compte dans les tests, dont chaque question doit être résolue en trente secondes en moyenne (durée typique : 20 minutes pour 40 questions).

    Le QI mesure-t-il l'intelligence ?

À supposer que l'intelligence soit définie de façon consensuelle, il reste à savoir comment un test peut entendre la mesurer. L'expression, à l'aide d'un résultat chiffré de «l'intelligence» d'une personne, ne permet pas d'en appréhender de manière détaillée les différents aspects. C'est simplement une sorte de composante commune, le facteur g (comme « général »). Des individus particulièrement doués, voire géniaux, peuvent être peu compétents dans les domaines restreints inclus dans les tests : que l'on pense par exemple à Ampère, Chasles, ou à cet archétype du distrait représenté par le savant Cosinus.

    Un rôle pragmatique

Le quotient intellectuel constitue surtout un classement (d'adaptation à des types de raisonnements logiques, voire de cognition, prédéfinis) d'un individu par rapport à une population donnée, et ne renseigne QUE sur son écart par rapport à la norme. Il ne s'ensuit pas pour autant que cette information soit dénuée d'utilité.

La mesure du QI ne dépend-elle pas du contexte socio-culturel ?

  • Les résultats obtenus lors de la passation de tests culturels sont influencés par ce type de facteurs. Des études ont montré que les résultats au QI des immigrants s'élevaient 5 ans après leur arrivée dans leur pays d'adoption.
  • Les résultats obtenus lors de la passation de tests réputés « aculturels » restent aussi influencés par quelques facteurs culturels. Certains psychologues utilisent, par exemple, les matrices progressives de Raven, test réputé « aculturel ». Celles-ci, qui consistent en une successions d'items du style « de l'image, rien que de l'image », ne font pas appel aux connaissances ou au vocabulaire. Cela permettrait de tester de la même manière tout le monde... Mais, paradoxalement, dans les pays où le taux de scolarisation augmente, l'augmentation des performances n'a pas lieu où on croit : L'effet Flynn est le nom qu'on donne à l'accroissement lent et régulier du résultat moyen à des tests de type Q.I. que l'on observe depuis 100 ans dans les pays industrialisés. Ce sont les tests les plus liés aux matières scolaires qui connaissent les plus faibles progressions. MAIS, paradoxalement, l'accroissement de la scolarité, et le niveau scolaire, est un facteur qui joue dans l'augmentation des scores aux tests aculturels.
  • Philippe Dumas défend l'idée que l'exposition intensive des tout jeunes aux objets des TIC (Technologie de l'Information et de la Communication) serait un facteur-clé de l'effet Flynn.
  • Toutefois, une étude d'Aden et Shayer datée de 2005 et portant sur 25 000 enfants scolarisée en Grande-Bretagne suggèrent au contraire une inversion pure et simple de l'effet Flynn, et une régression de trois ans d'âge mental des élèves britanniques entre 1975 et 2005.
Pour Francis Heylighen, utiliser les appareils du quotidien, tels que les fours à micro-ondes (?) et les thermostats, exigerait un type "plus abstrait" de raisonnement. Une plus grande complexité de la vie est certes susceptible de stimuler une plus grande complexité d'esprit, mais également de le décourager : Socrate faisait cheminer ses élèves par petits pas, et obtenait ainsi des résultats plus réels qu'avec un simple bourrage de crâne. L'utilisation croissante des ordinateurs dans l'éducation est-elle susceptible d'augmenter la connaissance générale, le raisonnement algorithmique et l'agilité intellectuelle ? Ce serait au détriment peut-être de formes plus spatiales d'intelligence (géométrie). La question reste en débat.

Limitations
  • Le test de QI ne mesure pas ni ne prétend mesurer :
    • l'ouverture d'esprit,
    • la créativité (ou inventivité),
    • la capacité à dépasser un problème pour le placer dans une perspective plus générale
qui jouent néanmoins un rôle important dans beaucoup de travaux intellectuels. D'autres tests existent pour ces détections spécifiques.
  • Il est en revanche très influencé par la motivation : les problèmes posés sont souvent fastidieux en raison de leur caractère répétitif et coupé dans une certaine mesure du réel. Le problème se complique du fait que l'intelligence répugne en général à la répétition. On se souvient d'Évariste Galois refusant de répondre à une question au motif qu'il la trouvait trop facile et inintéressante.
  • Il concerne des problèmes clos posés de façon explicite, ce qui ne correspond qu'à une partie limitée des questions où ce que nous nommons « intelligence » se montre utile. Il est fréquent que la vraie difficulté intellectuelle d'une tâche soit d'arriver à bien poser le problème plutôt que le résoudre une fois posé; cette dernière tâche peut même dans certains cas être accomplie par une machine.
  • Étalonnage : Comment étalonner les extrêmes ? Il apparaît très difficile d'estimer le réel potentiel des personnes manifestant un QI très élevé (ou très bas, dans une moindre mesure). La principale raison réside bien entendu dans la faiblesse de l'échantillon disponible à ce niveau. Quand un enfant sur 3000 environ obtient un QI supérieur à 150 au WISC, il devient très difficile d'établir un nouveau test pour ceux-ci (il faudrait d'abord constituer un échantillon valable, ce qui est très délicat). Ainsi, les bêta-testeurs des tests réservés aux THQI (personnes à très haut QI) se sont-ils, en fait, auto-évalués; et en ce cas, qu'ont-ils mesuré vraiment ?
  • Si les tests de QI donnent des résultats qui ont une apparence de Loi normale (Courbe de Gauss), c'est parce que les tests sont étalonnés de façon à en donner une : on y trouve en effet quelques rares questions destinées à dépister très vite des sujets exceptionnelement retardés ou brillants, et l'immense majorité des questions ne sert qu'à départager plus finement les autres, qui sont aussi la majorité, entre eux.
  • Le QI n'est pas valide en tant que mesure de l'intelligence. Stricto sensu, il s'apparente plus à un indicateur qu'à une mesure, car justesse, précision et sensibilité' en sont mal définis. Il chiffre simplement la facilité à utiliser certains modes de raisonnement, ce qui a certes une utilité en contexte scolaire.
Prendre en compte les dimensions multiples de l'intelligence pourrait représenter une voie pour l'établissement de futurs tests visant à l'orientation, alors que le QI s'intéresse essentiellement soit à un potentiel, soit au contraire à des difficultés prévisibles pour un futur cursus.

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